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" Le 14 juillet, nous rencontrions
une carcasse de veau, à moitié pourrie, au milieu
du même ruisseau souterrain, que nous découvrions
alors dans le gouffre de La Berrie, près de Cahors,
au fond de 30 m.
Quelques heures après, nous nous désaltérions
à la source voisine de Graudenc, qui correspond d'une
façon sûre (distance 250 à 300 m) avec
le ruisseau intérieur de La Berrie. Deux ou trois jours
plus tard, nous fûmes atteints d'une sorte d'empoisonnement
ptomaïque, qui nous indisposa fort pendant plusieurs
semaines. Cette expérience volontaire était
convaincante ".
En 1894, E.-A. Martel dans son livre " Les Abîmes
" démontrait que " la présence de
matière en décomposition au fond d'un gouffre
pouvait contaminer une source distante de quelques centaines
de mètres, voire plusieurs kilomètres ".
L'exemple venait du gouffre de La Berrie et de la résurgence
du Graudenc située près de Catus dans le Lot.
Bien que d'une limpidité absolue, l'eau de la source
avait déclenché quelques cas de paratyphoïde.
La pollution de cette eau était due à un cadavre
de veau en décomposition qui gisait sur les éboulis,
au fond du gouffre situé à plusieurs centaines
de mètres de la source contaminée.
L'incident du gouffre de La Berrie fut le point de départ
d'une campagne qui amena les pouvoirs publics à s'occuper
de la protection et de la surveillance des eaux potables dans
les terrains calcaires.
Une loi, interdisant le jet de cadavres d'animaux et de détritus
putrescibles dans les grottes, fut promulguée. Un article
- l'article 28 - se rapportant à la protection des
sources vauclusiennes fut introduit dans la loi relative à
la santé publique du 15 février 1902 grâce
à l'action conjointe de E.-A. Martel et du professeur
E. Fournier.
Ce texte officiel - et combien symbolique pour les spéléologues
- est plus connu sous le nom de loi Martel (15 février
1902). Elle fut par la suite abrogée et remplacée
par d'autres textes de loi.
Extrait de Spelunca " Protection des cavernes et du milieu
karstique "
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